Bleeder

★★★★☆

Second film de Nicolas Winding Refn, Bleeder marche sur les traces de son predecesseur, Pusher, dont il garde de nombreux aspects, délaissant le contexte du crime et de la prostitution pour celui d’une bande d’amis à Copenhague, vivant dans leurs rêves et leurs passions alors que leur réalité, elle, est délabrée.

Dans ce groupe se croiseront donc plusieurs histoires. Celle de Leo et Louise, un jeune couple vivant dans un trou à rat miteux. Lorsque Louise tombe enceinte, Leo devient distant, sentant dans cet évènement les changements de son train de vie. Le film narrera également l’histoire de Lenny, employé dans un videoclub, cinéphile absolu, qui vit, pense, mange et parle films du matin au soir, amoureux d’une jeune femme sans parvenir à réellement l’aborder. A cela s’ajouteront Kitjo et Louis. Le premier est le patron de Lenny, le second le frère de Louise, raciste et un brin psychopathe. Leurs histoires seront plus secondaires, issues de la réaction en chaîne amenée par les personnages principaux.

Ce cadre particulier permit à Refn de se faire plaisir, d’une part en multipliant ses evocations, allusions et références, cinématographiques et littéraires, (Mads Mikkelsen passant son temps à regarder des Shaw Brothers et à philosopher sur le cinéma, est à ce titre un portrait énormissime du cinéphile.) entre deux dialogues. D’autres part en traitant de ses thèmes récurrents, à savoir la violence exacerbée et grandissante d’un homme lorsqu’il se trouve acculé et pris dans un engrenage. La psychologie des personnages est soignée, et la dualité des histoires permet de traiter de l’amour façon Refn : Alors qu’une romance commence entre Lenny et Lea, l’autre, entre Leo et Louise, est d’une déchéance averée. Réalisé une fois encore sans concession ni douceur, le film est glauque, froid et dur, et l’on hésite pas ici à malmener ses personnages dans des scenes très dures, mentalement et physiquement. On notera bien ici et là quelques longueurs, une intensité pas toujours présente, et un film globalement à la fois sordide de par son contexte, mais soutenu par sa réalisation. Tout ceci n’entâchant en rien le rendu global de l’oeuvre, ce sont des points noirs aisément pardonnables.

Bleeder glisse en terrain connu pour son casting également, puisque nous retrouvons un trio des plus plaisants pour les amateurs de la trilogie Pusher, formé par Kim Bodnia (Leo), Mads Mikkelsen (Lenny) et Zlatko Buric (Kitjo).

Sans atteindre le statut ou la qualité d’un Bronson, ou de la trilogie susnommée, le film reste malgré tout de très bonne augure, et laissera cet éternel goût un peu amer qu’ont les films du réalisateur, nous laissant la gorge un peu serrée devant les scenes présentées. Savoir donner des fins qui laissent pantois, c’est aussi ça le talent de Refn.

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