L.A. Noire

★★★☆☆

On l’aura attendu, ce L.A. Noire : une gestation difficile, cinq ans de développement pour finalement être sur les derniers temps sauvé par Rockstar, qui collabora avec la team Bondi afin que ces derniers ne nous fassent pas coup à la DN Forever. Après tout ce temps de développement, que valait le jeu de Brendan Mc Namara? C’est ce que les joueurs etaient en droit de se demander, d’autant plus lorsque les infos montrées nous faisaient rêver, principalement grâce au scan motion, magnifique technologie permettant de reproduire les mimiques humaines à la quasi perfection.

Nous voici donc galette entre les mains, prêt à l’insérer dans notre machine noire (ou blanche, selon.) et à profiter de ce qui semblait être le plus gros jeu de cette année, ce que certains annonçaient déjà comme une nouvelle révolution. Pouvoir mener son boulot d’inspecteur dans un Los Angeles des années 40 directement sorti de l’univers classieux des films noirs, il faut dire que ça en jette pas mal. Puis retrouver la tête à claque d’Aaron Staton en flic plein d’assurance au passé trouble, ça prête déjà à sourire. Mais passons. Après donc une mise en bouche alléchante sur un tutorial composé de quelques menues enquêtes (histoire de nous apprendre les ficelles du gameplay) nous voici propulsés à la circulation. Mais non, on ne va pas se foutrre en plein carrefour avec deux baguettes de couleurs. Nan, le bureau de la circulation. Les crimes des chauffards, quoi. Enfin, la possibilité de mener sa propre enquête! Enfin, le jeu va pouvoir commencer! Les plus sérievores s’amuseront d’ailleurs en voyant que la team Bondi à mis le paquet dès la première « vraie » enquête, puisque ce ne sont pas moins de trois acteurs de Madmen que l’on nous offre en quelques premières minutes. coincidence, sûrement…
On découvre un peu le jeu, on tente de chercher à droite, à gauche (pour peu que, comme moi, vous ayez enlevés toutes les aides en tout cas.), et l’on trouve des indices, puis on expérimente les interrogatoires, tout excité de voir les répercutions que les questions peuvent avoir sur l’enquête…

Puis, après une dizaine d’heures et quelques enquêtes, vous baillez, car malgré les meurtres, le côté cru, l’univers magistral et l’ambiance aux petits oignons, vous réalisez petit à petit qu’aù delà de la prouesse technique des visages et de la narration type serie TV de flic classique, tout le gameplay se révèle désespérément sans surprises, creux et beaucoup trop scolaire. Deviner quand quelqu’un dit la vérite ou non devient vite relativement facile, la musique « good/bad answer » qui se fait entendre juste derrière nous pourrit tout un interrogatoire à elle seule (il aurait été plus immersif et tellement plus jouissif de nous laisser faire sans nous dire « Tu t’es plantééééééé! » à chaque fois.), les phases en voitures, elles aussi à la base très plaisantes, deviennent simplement routinières et nous ferons user des talents de conducteurs de nos coéquipiers, ceux-ci pouvant nous permettre de zapper ces phases de routes longues et nombreuses entre chaque lieu (et pourtant, je suis le genre de mec qui n’utilisait jamais ce procédé dans Red Dead Redemption.), et pire que tout, vous vous apercevez au final de deux choses :

La première, c’est que Brendan Mc Namara, leader de la team Bondi, et anciennement de la team Soho, n’a retenu strictement aucune leçon depuis the Getaway, et surtout pas la principale : une ville gigantesque et réaliste, c’est bien, mais la sous-exploiter en ne la laissant être qu’un cadre pour le scénario, c’est dommage.

La seconde est qu’au final, vous finirez à un moment ou à un autre par réaliser que votre parcours est sur des rails, et que vous n’en sortirez pas. Menez vos interrogatoires bien, ou mal, faites les mauvais choix si ça vous chante, choisissez le mauvais suspect…peu importe, puisqu’en dehors des répercutions immédiates au sein de l’enquête, celle-ci se bouclera avec ou sans votre aide, et bien souvent de la même façon. Au mieux aura t’on une fin d’enquête un peu différente selon notre façon de la mener, mais jamais aucune réelle conséquence à long terme. L’histoire continue sa route prédéterminée. En somme, dans L.A. Noireon ne peut jamais totalement foirer sa partie. Désespérement répétitif dans sa narration, Le jeu aurait largement gagné à s’inspirer de ce que d’autres polars/thrillers nous ont fait, il n’y a d’ailleurs pas si longtemps. (je ne nommerai pas de jeu, vous avez compris de quoi je parlais.). Restera pour se divertir les « annexes », une quarantaine de délits aléatoires (qui ne sont d’ailleurs pas aléatoires du tout) et qui se règleront généralement en moins de trois minutes, soit le temps d’un gunfight/d’une poursuite. (les deux aspects sont réussis, mais on se demande si ils ne sont pas là pour forcer le trait en offrant au bourrin adeptes de cette surdose de shooters actuelle son lot de sang) Enfin, là encore, le plaisir des serievores sera dans le casting, car voir autant de gueules connues ici et là et les reconnaître avec leur voix, visages, tics d’acteurs et mimiques reste un plaisir de chaque instant.

Tout n’est cependant pas noir (un comble) à Los Angeles, et si les mécanismes de jeu ne brillent pas par leur originalité, chaque enquête se révèle très bien foutue et très bien écrite, même si là encore certains auront l’impression de voir un épisode de CSI 1945 alors que d’autres choisiront sciemment de passer outre et de profiter pleinement des intrigues. Et c’est bien là toute la force du titre : proposer des intrigues qui tiennent la route et qui s’avèrent souvent passionnante, celles-ci étant un vrai bonheur pour qui passera outre les défauts susnommés. Et c’est parfois tout ce qu’il faut à un joueur pour passer un bon moment, après tout.

L.A. Noire rejoint les jeux tels que Mirror’s Edge ou Heavy Rain : il s’agit d’un jeu qui possède de très bonnes idées et qui apporte quelque chose, en terme de technique en tout cas, mais dont les à côtés peu ambitieux viennent contraster et ternir les qualités. Espérons que le concept soit réutilisé ailleurs, car il y aura matière a faire un excellent soft…Mais en l’état, L.A. Noire n’est qu’un hybride, certes très interessant, mais maladroit entre The Getaway et Phoenix Wright, auquel on aurait implanté le scan motion. On appréciera (ou pas, comme d’habitude) la balade, mais il eût été souhaitable qu’elle se montre plus inventive…

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