Tron Legacy ( Joseph Kosinski;2010)

★☆☆☆☆

Presque trente ans se sont écoulés depuis Tron, et pour Disney comme pour bien d’autres studios, le manque de créativité va pousser à ressortir de vieux titres du grenier dans le but d’en faire des suites dépoussièrées. Ainsi naquit l’idée de cette suite improbable, inattendue et même inutile qu’est Tron : Legacy.

Enfin, inutile en terme d’histoire hein, parce que qu’on se doute bien que le but premier de ce film sera d’en foutre plein la gueule à la même vitesse qu’il en foutra plein les poches de ses producteurs. Mais soit, passons au vif du sujet. Flynn, sorti de la Grille à la fin de Tron, à coulé des jours presque heureux en compagnie de sa famille quelques années durant, obsédé qu’il était par ce monde, et par la perfection qui pouvait en découler. Il disparut en 1989. En 2011, Son fils, Sam, est un rebelle qui fait sa loi façon justicier de l’ombre au sein de la compagnie de son père, dirigé par des bureaucrates avides d’argent et d’exploitation. Notons déjà sur ce premier point deux choses : la première, la plus évidente, est l’allusion TRES subtile (ironie inside) quand à une certaine société très importante qui diffuse des systèmes d’exploitation dont je tairais le nom. La seconde, un peu plus nuancée, mais non moins ironique, étant cette réflexion pure et simple : voir des financiers, dans un bureau, parler d’exploiter une licence afin d’en tirer le maximum de profits, le tout dépeint de façon clairement péjorative dans un film produit par une boîte qui exploite depuis des années des licences afin d’en tirer du profit…bref, vous voyez où je veux en venir.

Où en étais-je dans tout ça…Ah oui, Sam Flynn. Le môme va donc trouver (par le biais d’un rebondissement scenaristique que je tairais) la salle secrète de son père. Et bien entendu, puisque c’est là tout « l’interêt  » du film (sur le papier en tout cas) ce qu’il y trouvera l’enverra directement dans la grille, envoyant du même coup le spectateur averti dans un monde qu’il n’a plus revu depuis des années, déclenchant chez lui un sentiment fugace mais tangible de nostalgie…

…Et là, c’est le drame. Si Sam pense être arrivé dans la grille, si d’ailleurs tout le film nous répète que nous sommes dans la grille, le spectateur averti, lui, voit bien le subterfuge : Non, il n’est pas dans la Grille. Par contre, un con à trouvé amusant de coller des néons partout sur les décors de Matrix. Et ça, c’est pas cool.

A partir de là commencera à s’installer un ennui profond que ni la 3D, ni les bombasses robots, ni la cyber-asiat’ d’un autre monde, ni même DEUX Jeff Bridges n’arriveront à dissiper. Le film est beau, c’est vrai. Mais rarement on aura vu un tel déferlement de budget dont l’objectif final aura été de produire du vide. Concrètement, il se passe plein de choses à l’écran, sans qu’il ne se passe rien. L’illusion ne fait pas effet et la poudre aux yeux est trop diluée dans les lunettes 3D pour réellement impressionner. On se retrouve à suivre des scènes de dialogues dont on se fout, puis des scènes d’action inconsistantes, pompant hasardeusement et librement sur MatrixStar Wars voir Ghost in the Shell, si on creuse bien. (Notez au passage l’ironie – ou la flemmardise – responsable du fait que Tron Legacy ait une partie de l’univers de Matrix, là ou l’univers de Matrix avait puisé son inspiration dans le Tron originel.(Entre autres, ne me lynchez pas, adorateurs de Dark City, je ne faisais que citer l’une des évidences!)) . Vous vous surprendrez même, quelque part au milieu du film, à lui chercher des points positifs pouvant excuser que vous l’ayez vu. Mon excuse personnelle sera : je suis fan de Mr Bridges. C’est tout. Et même avec ça, il faut une bonne dose d’auto suggestion pour ne pas avoir l’horrible impression de gâcher deux heures de sa vie à regarder et à écouter des discours abscons sur le fait que jouer à Dieu c’est mal, sur le fait que la perfection est nuisible, et surtout sur l’art et la manière de broder du vent autour du néant, pour EN PLUS de ça, au bout de deux heures de torpeur, nous préparer le terrain pour une future suite.

Vous l’aurez compris, Tron : Legacy est un film quelconque, misant tout sur son visuel, perdant au passage tout le charme, l’attrait et la substance du film d’origine. Reste la bande son de Daft Punk,certes de bonne facture, mais qui ne vaut pas l’effort de se taper le clip de deux heures qui l’accompagne.

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