Sonic Generations

★★★★☆

Il y a 20 ans naissait le hérisson bleu de Sega. Connaissant un succès quasi immédiat, celui-ci fut la mascotte de la firme, en concurrence alors avec le plombier de Nintendo. En 2001 sortait un premier jeu anniversaire : Sonic Adventure 2. Un opus scénarisé, varié, et qui, malgré quelques points noirs, offrait une brillante apothéose à l’âge d’or de la saga. Les années 2000 furent marquées par un déclin du hérisson, suivant, à peu de choses près, la situation de Sega, firme passant de constructeur majeur du marché à simple éditeur/développeur de jeux. La seconde décennie étant cette année atteinte, Sonic revient dans un épisode anniversaire, résolument tourné vers le fan-service, le fun et la nostalgie. Entre rétro et modernité, Sonic Generations se montre-t-il comme un digne hommage à vingt ans de service ? Réponse dans ces lignes.

L’un est petit, rondouillard, muet et espiègle. L’autre à l’œil narquois, vert, un sourire moqueur et la parole. Pourtant, ces deux design de Sonic ont marqué chacun une génération de joueurs. Les plus jeunes connaissent le second, les vétérans le premier, et un prétexte scénaristique quelconque les amène aujourd’hui à joindre leur force pour boucher la faille temporelle ouverte sur leurs anciennes aventures ! Nous voici donc propulsé d’entrée de jeu dans Green Hill Zone, l’Alpha de la saga, le premier niveau de Sonic the Hedgehog, en mode rétro. L’occasion de voir l’effort fourni par Sega sur le jeu et les environnements. Déjà oublié, ce triste Sonic 4, tentative aussi maladroite que mauvaise de ramener le hérisson sur le devant de la scène, il y a déjà deux ans. Ici, les sensations des jeux megadrive reviennent vite, et si l’on met du temps à réellement reprendre le personnage en main et sa mécanique de sauts et de niveaux, en grande partie basés sur la vitesse et la gravité, les plus anciens d’entre nous ressentiront immanquablement ce sentiment grisant qu’est la nostalgie.

Vite découvert, vite terminé, ce premier niveau, après avoir rallié à lui les anciens joueurs, s’ouvre sur une cutscene qui, elle, conquerra les plus jeunes. Elle est d’ailleurs l’occasion de s’apercevoir que Sonic et toute sa clique bénéficient non seulement d’un doublage français, de surcroît assuré par tous les doubleurs du dessin animé Sonic X. Cependant, si le travail est louable, dans toutes les langues, les gamers de la première heure passeront vite l’audio en japonais, plus agréable à l’oreille pour ce genre d’histoire tout public, donc pour les jeunes. Il s’agira ici de délivrer les amis de Sonic, enfermés dans chacun des mondes disponibles. La structure est simple : un HUD, on ne peut plus épuré, neufs mondes, chacun représentant un niveau d’un Sonic passé, de Sonic 1 (1991) à Sonic Colours (2009), en passant par tous les opus salon… ou presque. On regrettera ainsi, au même titre que l’absence d’univers issus des jeux portables, l’absence de Sonic-CD, opus culte sorti sur Mega CD. Dans chacun de ces neufs mondes, deux niveaux : l’act I, en mode Sonic rétro, et l’act II, en mode Sonic moderne. Deux gameplay aussi grisants l’un que l’autre, pour des raisons différentes.

Sonic rétro, tout d’abord, nous offrira un gameplay d’antan, basé sur une vitesse relative, des phases très axée plate forme, tout en 2D « 2011″. Le résultat est au final très convaincant, tant sur les remakes des levels passés (Chemical Plant, par exemple) que sur des adaptations de niveaux issus des Sonic 3D ( la Speed Highway de Sonic Adventure), et l’on prendra un vrai coup dans la gueule, nostalgiquement parlant, à traverser ces zones dans un style 90′s. Mieux encore, la comparaison est possible jusqu’au bout, Sega ayant eu la bonne idée d’inclure dans le jeu  le premier opus megadrive, jouable dans son intégralité et dans sa version d’origine… Mais pas dans les mêmes conditions, puisqu’ils y ont mis des continus infinis. Eh oui, nous sommes en 2011, et les joueurs ne veulent plus être frustrés. Passons ce petit détail sur lequel chacun sera juge, pour nous diriger vers les secondes phases de jeu, modernes.

Autre gameplay, autre sensation, ici, il s’agira de vitesse pure. Sonic file, tel un éclair, à travers des niveaux-couloirs (au sens propre) faisant plus appel aux réflexes du joueur qu’à sa technique. Il ne s’agira pas d’apprécier la distance entre deux plates-formes, mais d’avoir le sens du timing pour enchaîner sauts, virages serrés et changements brutaux de parcours, le tout dans un dynamisme et une sensation proche d’une véritable montagne russe. Un effet on ne peut plus brutalement opposé au rétro, mais également incroyablement réussis, d’autant plus que là encore, le level design est soigné tant pour les niveaux retouchés en 3D que pour les anciens niveaux 2D entièrement retapés, chacun se dévorant sans ennui… sinon celui, parfois, d’un gameplay capricieux. Sonic, en dix ans de 3D, n’a toujours pas corrigé ses premières tares et retombe dans les pièges de sauts parfois approximatifs rendant certains passages presque dépendants du bon vouloir du jeu. Un soucis avec lequel il faudra de toute façon composer, mais néanmoins bien frustrant dans la mesure où boucler les time attack requerra une certaine maîtrise technique du gameplay.

Quand on vous dit que c’est le fan-service qui domine ce jeu…

Ceux d’entre vous qui savent compter (et je sais qu’il y en a) l’auront compris, le jeu compte au total 18 niveaux. On a beau y ajouter les quelques boss présents eux aussi pour le plaisir des fans (de Metal Sonic à Silver en passant par Chaos, tous y passent), l’aventure, en ligne droite, se boucle en moins de dix heures. Les vieux cons diront qu’après tout « c’était comme ça dans les premiers Sonic », la conjecture de 2011 fait qu’on aurait pas craché sur quelques niveaux supplémentaires. C’est là qu’entrent en jeux, les défis.

En effet, Sonic Generations recèle d’objectifs divers et variés au fil de ses mondes. Chacun des deux Sonic devra donc ramasser cinq anneaux rouges dans chaque niveau, et accomplir des défis spécifiques liés aux mondes. Par exemple finir le niveau en ayant ramassé un certain nombre de rings, ou encore s’aider de Tails pour traverser des zones en volant (on aurait aimé voir un mode deux joueurs, même en course Sonic vs Sonic, mais il n’en est rien). Chaque ami de Sonic est un prétexte à défis, usant de ses capacités, et finir le jeu à 100% mettra un sacré bout de temps. On se rend compte alors à quel point Sonic Generations est bâti pour les fans : chacun de ces défis ne servira qu’à enrichir la base de données du jeu déblocable. Artworks, musiques, autant d’éléments réservés à tous les adorateurs les plus acharnés du hérisson qui pourront (re)découvrir à loisir les thèmes plus et moins connus de la saga et certains dessins préparatoirs de toute beauté.

C’est un joli cadeau que nous fait donc Sega en cette fin d’année. Que l’on file à la vitesse de l’éclair ou que l’on joue en 2D, on ressent à chaque seconde l’effort fourni par la firme pour offrir à sa mascotte et à ses fans en un hommage vibrant, une vaste gamme de bonus et un vrai bon jeu de chaque instant. Les fans n’y couperont pas, les amateurs y trouveront un jeu très bien foutu : c’est d’autant plus agréable lorsque l’on se souvient des déboires passés de la saga. Joyeux Anniversaire Sonic !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s