Tron (Steven Lisberger; 1982)

★★★☆☆

Film de science-fiction révolutionnaire, Tron à marqué les esprits par son esthétique visuelle et par son utilisation des images de synthèse, une première dans une époque où les ordinateurs n’en étaient qu’à leurs balbutiements. Deux ans de recherches sur ces technologies furent necessaires à Steven Lisberger et à Donald Kushner, respectivement le réalisateur et l’un des producteurs du film, pour parvenir à ce résultat. Pourtant, malgré ce choix de direction purement avant-gardiste, le film fut tout d’abord un semi échec commercial lors de sa sortie, avant de devenir, des années plus tard, l’un des films culte de toute une catégorie de personnes nées avec : les geeks.

Flynn est l’un des programmeurs les plus doués d’Encom, société de développement et production de logiciels informatique. Lorsque l’un de ses rivaux lui dérobe tous ses projets de jeux vidéo, la carrière du petit génie se voit stoppée nette, au profit dudit voleur. Renvoyé, Flynn va continuer à s’occuper de sa salle d’arcade, excellent au gaming à peu près autant qu’au codage. Lorsque deux de ses collègues viennent le voir avec pour proposition d’arrêter le nouveau directeur de l’entreprise (son rival) et son système de contrôle MCP (le bien nommé « Master System Program » ), Flynn n’hésite pas une seconde et tente sa chance. Mais les choses tournent vite mal lorsque le MCP s’avère déjà bien avancé, et à vrai dire assez évolué pour avoir sa propre I.A. et s’auto-gérer. Flynn va ainsi se retrouver « happé » au coeur du système, un monde entièrement numérique et virtuel, où le MCP règne en despote, verrouillant les programmes rebelles et détruisant les plus récalcitrants dans des jeux mortels.

S’il était déjà révolutionnaire dans la forme, Tron l’était aussi dans le fond puisqu’il transposait à l’écran des idées typiquement « geeks » qui relevaient à l’époque plus du rêve de gamer qu’autre chose, comme par exemple le rapport direct entre un humain et son « programme » virtuel, l’équivalent aujourd’hui d’un avatar, à l’image ici de Clu, image virtuelle de Flynn, ou de Tron, programme de protection et clone virtuel d’Alan (collègue de Flynn). L’histoire et le rapport à ses avatars permet également de poser là un autre fantasme de joueur : Comment réagirait-on si l’on se retrouvait nous même à l’intérieur d’un jeu? Si l’idée à en effet traversé bon nombre d’entre nous, la retrouver matérialisée sur grand écran, par le biais de ce joueur hardcore Flynn, permet une identification quasi instinctive avec le personnage.( A noter également que c’est là l’un des rôles les plus populaires de l’excellent Jeff Bridges, déjà doublement nominé aux Oscars à l’époque. ) Reste bien entendu l’idée la plus forte du film : La Grille, monde virtuel à part entière, société crée de toute pièce reproduisant les mécaniques du monde humain à son échelle et avec ses codes, ici déjà sublimée par son esthétique qui encore aujourd’hui colle à la rétine, à grand coups de couleurs et de néons, de formes géométriques en fil de fer, et de bruits synthétiques. Est-ce que l’univers de Tron à vieilli? Bien entendu, comment pourrait-il en être autrement? Mais ce qui était à l’époque une révolution est devenu avec l’âge un trip visuel incroyablement kitsch, nostalgique même diront certains, qui s’apprécie toujours, car, et c’est là sa force, il a su conserver une identité réellement attachante.

Un bon film qui amena énormément en terme d’influences et de technique, voilà ce qu’est Tron, une oeuvre qui aujourd’hui encore conserve une aura magique et dont on retrouve les bribes ça et là à travers une culture cinéma et télévisuelle toujours plus vaste…mais pas toujours à la hauteur de ses références.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s