Blood of Heroes (David Webb Peoples; 1989)

★★★☆☆

Nous sommes en 2200 (D’après l’affiche en tout cas. Pas celle là hein, celle d’origine.) et l’apocalypse à eu lieu. On ne vous l’avait jamais faite celle-là, hein? Bon, passons. Donc, les êtres humains, tels de sombres cafards dans un micro-ondes, ont survécu, par poignées, à la guerre du 21e siècle qui a ravagé notre civilisation. Le monde n’est plus qu’un désert aride, et les survivants ont inventés un nouveau sport, car après tout chaque peuple à besoin de son opium.Ce sport est violent, dangereux, voir mortel, et consiste à se foutre joyeusement sur la gueule jusqu’à ce que le coureur de l’une des deux équipes ait réussi à ramasser le crâne de chien au milieu de l’arène et à le planter sur une pique, dans le camp adverse. Les meilleurs joueurs de la surface ont les meilleures chances d’être repérés par la Ligue, qui représente le plus haut niveau de jeu, et qui se trouve dans l’une des neufs « cités » souterraines, derniers vestiges du monde passé. Sallow (Rutger Hauer) est un ancien joueur de la Ligue, banni des cités pour avoir séduit la femme d’un haut dignitaire. Il compte bien prendre sa revanche par le sport, mas pour y parvenir, il lui faudra une équipe solide et adroite.

Blood of Heroes fait partie de l’un de ces nombreux exemples typiques de très bons films eighties tombés dans un oubli relatif. L’histoire d’un homme, David Webb Peoples, (scénariste de perles du septième art telles que Blade Runner, Ladyhawke  ou encore plus tard L’Armée des 12 Singes) qui voulait réaliser du post-apo. L’époque y est propice. Il fait donc appelle à Rutger Hauer (se seraient-ils rencontrés sur un plateau de tournage ? mmh…) pour être la tête d’affiche, et au monteur Richard Francis-Bruce. L’homme ayant déjà bossé sur Mad Max 3 quatre ans auaparavant, il y a peut être un lien. Je dis bien peut être.

Bon,  le thème apocalyptico-désertique, c’est fait. Les look de badass en armure et en cuir plein de cicatrices, aussi. Restait donc à trouver la trame scénaristique (comment ça, il aurait mieux valu le faire avant ?). Impossible, en voyant Les joueurs combattre violemment dans ce qui apparaît comme un sport, de ne pas penser à un classique des seventies, je veux bien sûr parler de RollerballMad Max 2 (oui, les tenus y sont quand même moins kitsch que dans le troisième opus de la saga)+ Rollerball, avec de surcroît un Rutger au top de sa notoriété et de sa forme : Blood of Heroes ne pouvait pas définitivement pas être une bouse. Mieux que ça : non seulement il surprend agréablement son spectateur, mais en plus il s’émancipe assez de ses inspirations pour que l’on ait pas l’impression d’assister à une bête copie de seconde zone. (quoique, une « copie de seconde zone » de Mad Max II, vu le ton de celui-ci, je demande à voir. Ah, on me signale que Mad Max 4 est en cours de concrétisation.) Issu d’une production Australo-Américaine, avec un budget de moins de 10 millions de dollars australiens (dans les cinq millions d’euros, pour que les plus jeunes situent.), le métrage se révèle généreux, honnête, et captivant. Sans la moindre fausse note ( dans le pire des cas, certains trouveront à redire sur des décors parfois un peu vieillots. Pardonnez-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils racontent.) et très justement interprêté (nous aurons même droit au casting à Joan « Twin Peaks » Chen, et à Vincent D’Onofrio). Le scénario, pour sa part, sera on ne peut plus basique, et c’est tant mieux, car c’est principalement pour son univers qu’il vaut le détour. Qu’il s’agisse de la surface ou des cités souterraines, qu’il s’agisse de briser des jambes ou de festoyer, on appréciera le soin apporté aux décors et aux tenues des joueurs. Anecdote cocasse : Le film, et son sport violent donnèrent naissance à un sport bien réel. Le Jugger (inspiré par le titre original du film, Salute of the Jugger), très populaire en Allemagne, aux USA et en Australie. Si c’est pas un signe de qualité, ça…

Aucun message caché derrière tout ça, aucun réel propos ou vision autre que celui de faire de l’exploitation de genre, nous avons, comme je le disais plus haut, ici un parfait prototype du film eighties réussi qui, à l’instar d’un The Warriors ou d’un Class 84 (promis, à force d’en parler, vous aurez aussi droit à une critique de ces deux là) a tout du film culte. C’est bon, ça tape bien fort, c’est violent et c’est dans l’air de son temps. Matez Blood of Heroes et rajeunissez de vingt piges. Et puis rien que pour voir Hauer en gladiateur borgne, ça vaut le détour. Entre Sallow et Nick Parker, le vétéran aveugle du téléfilm Blind Fury, il y a de quoi se demander si notre acteur de composition ne nourrissait pas là une lubie quelconque pour les personnages aux regards défaillants…

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