God of Gamblers (Wong Jing; 1989)

★★★★☆

Les jeux de hasards sont populaires à Hong Kong, c’est un fait. A tel point qu’est né le « gambling movie ». Véritable sous genre cinématographique, ces films sont portés sur le goût du jeu, l’attrait du jeu, l’enjeu du jeu. Mais si le genre en lui même n’est pas nouveau, il faudra attendre le début des années 1990 pour le voir eclater à profusion, donnant lieu à un nombre incalculable de films du genre. Cette vague sera dûe à Wong Jing et à son God of Gamblers, premier opus mythique d’une longue saga composée de suites, de suites alternatives, de spins off, et j’en passe.

Ko Chun est le « god of gambler », un dieu du jeu, ne perdant jamais une partie, qu’il s’agisse de cartes, de dés, ou de n’importe quoi d’autre. Lorsque l’une de ses connaissances lui demande de défier un joueur redoutable (et tricheur), Chan, le dieu du jeu accepte sans hésiter. Surviens alors un accident qui le rendra partiellement amnésique, le faisant retomber à une mentalité de presque enfant. Recueilli par un malfrat un peu loser, ce dernier se servira de la faiblesse du dieu du jeu pour gagner de l’argent via son talent, qu’il a malgré tout conservé.

Divertissement sera ici le mot d’ordre du film. On comprend bien aisément qu’un film centré uniquement sur le jeu ne puisse pas conserver son interêt sur deux heures, ainsi c’est un véritable fourre tout, un joyeux n’importe quoi qui servira de péripéties entre deux scenes de l’intrigue princpipale, ici les cartes. On passera donc du comique au drame, du drame à l’action, de l’action au sentiment, sans jamais que l’un de ces genres ne soit spécialement prédominant, ou prédominé. Chacun y trouvera son compte, qu’il s’agisse de gunfight, de cascades (mention spéciale à Andy Lau et à sa scene de poursuite dans les échafaudages.), ou encore de situations burlesques, le réalisateur fait feu de tout bois et réussit à accrocher le spectateur sur toute sa durée sans trop de mal, tant il (le film) se révèlera attachant sous bien des aspects. De par son ambiance musicale, d’abord, excellente en tout point et ponctuée par le theme du film, absolument culte, propre aux scenes de jeu. De par son casting ensuite, semblant s’être finalement lui aussi pas mal amusé durant le tournage, composé de noms tels que Joey Wong, de la très belle Sharla Cheung Man, de l’excellent Andy Lau, et surtout du mythique Chow Yun Fat, qui ajoute ici par son rôle de god of gambler un personnage mythique de plus à son portrait. Le voir ainsi, cheveux gominés et smoking sur mesure, manier cartes et dés avec une aisance et un naturel aussi élégant qu’effroyable est un plaisir de chaque seconde, et sa prestance dans cette tenue n’ayant d’égal que sa prestation d’amnésique retombé en enfance, tantôt drôle, tantôt touchant, tantôt exaspérant, mais toujours divertissant.

Un gambling movie ET un divertissement de premier ordre donc, une pierre d’angle pour un genre si traditionnel du pays, se plaçant bien au dessus du lot passé et futur de ses semblables par son casting magistral, se mise en scene diversifiée mais pourtant cohérente, et sa réalisation sans réelle autre prétention que celle d’amuser. Mythique.

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