Double Feature : Piranha 3D / Piranha 3DD

Parce que j’avais la flemme de faire deux articles séparés.

Piranha 3D (Alexandre Aja; 2010)

Article rédigé le 5 septembre 2010.

★★★☆☆

« Fun » est le mot d’ordre qu’ Alexandre Aja a voulu donner à son film, car disons-le tout net : Piranha 3D est un film terriblement jouissif, jouant la carte du second degré gore à outrance, et ravivant un peu du contexte de Jaws, ajoutant le côté provoc’ assumée du réalisateur, le tout rappellant de façon lointaine et diffuse l’effet qu’eût en son temps un certain Evil Dead. C’est donc dans une ambiance respectant à la lettre la catchline du film («Sea, Sex & Blood») que nous evoluerons, nous delectant de cette véritable boucherie sous le signe des Spring Breaks. Musique, filles somptueuses, soleil, lac de rêve, et hectolitres de sang, le tout passé sous une 3D du plus bel effet (et ici plutôt bien utilisée, fait rare pour être noté) à travers un décalage dans la mise en scene parfaitement dosé jusqu’à la dernière minute, le carnage en paraît même artistique et beau, par moments.

Porté par un casting à peu près aussi étonnant que bien trouvé, (Christopher Lloyd, Jerry O’Connell, Ving Rhames, Elisabeth Shue, Eli Roth ou Adam Scott, pour ne citer qu’eux…ou parcequ’il n’y a qu’eux de notables. C’est déjà pas mal!) On ne s’ennuiera pas un instant, trop occupé à laisser notre regard voguer de jolies naïades en bains de sang, regrettant tantôt qu’elles se fassent déchiqueter, puis parfois, au contraire, que le carnage s’arrête. A la manière de ces piranhas, la vue du sang nous plait, et l’on en redemanderait presque encore. Aja s’est fait plaisir, voir même s’est totalement lâché dans cet énorme hommage aux pop-corn movies des 80’s , multipliant références et clins d’oeils avec un amusement palpable à travers le film, que le spectateur ressentira fatalement, à un moment où à un autre.

Au final, un gros plaisir coupable que ce Piranha 3D, un film qui se regarde avec un oeil aussi reculé que possible, mais pas trop loin non plus, il serait dommage de rater le corps d’une pornstar se vidant de son sang dans une nuée de dents…

———————————————————————————————————–

Piranha 3DD (John Gulager ; 2012)

★☆☆☆☆

Les spectateurs de Piranha 3D se divisent en deux catégories. Les tristes sires insensibles au pop-corn movie référentiel, stupide et décomplexé, pour qui le métrage d’Alexandre Aja ne sera qu’une perte précieuse de leur temps (voir de leur argent, s’ils se sont fait piéger), et les autres, grands amateurs de ces sous-genres cinématographiques desaxés, barrés et violents, où se mêlent sans limite sexe, gore et fun. Cette seconde tranche de public, souvent bercée aux répliques de Evil Dead et biberonné au sang de Critters, adopta d’emblée l’idée de Piranha dans l’espoir d’y retrouver un peu de cette substance hémoglobinale bien eighties qu’ils affectionnent tant. Qu’ils l’aient retrouvés ou pas dedans, je ne puis le dire…Toujours est-il que pour ma part, Piranha 3D fut une bonne petite surprise. Mais ça, vous le savez déjà, puisqu’en tant que lecteur assidu de ce blog, vous avez parcouru l’article dédié au film. Eh bien devinez quoi ? Les frangins Weinstein – et autres producteurs du premier opus – toujours prêts à exploiter les bons et moins bons filons, nous gratifient aujourd’hui d’une suite. On avait beau l’avoir vu venir, ça laisse toujours un sentiment étrange de catastrophe, ce genre d’annonces…

Et finalement, c’est un peu le cas. Mais dans le bon sens du terme. Piranha 3DD, c’est une heure trente de roue libre, de foutoir total et assumé, où le gore gratuit cotoie sans vergogne les boobs gratuits, où les scénettes non sensiques s’enchaînent sans réel soucis de stabilité scénaristique ou narrative. Gratuité est le maître mot de cet opus, et si l’aspect décomplexé si cher à Alexandre Aja est bel et bien conservé, on délaisse le fun de l’humour-hommage pour se rapprocher d’un comique à la fois plus lourd et plus graveleux (c’est dire!) mais aussi en freestyle complet. Budget réduit oblige (on va quand même pas leur filer plus de thunes pour pondre une telle suite!), le spring break du premier cède la place à une piscine balnéaire qui se trouve être la premiere piscine/ club de strip tease du coin. Quand je vous disais qu’il y avait de l’idée…Ah, je ne l’ai pas dit ? Bon, voilà qui est fait. La seule vraie bonne idée de ce pitch, en fait, est de permettre au réalisateur de réduire les figurants (point de Gianna Michaels ni de Kelly Brook ici d’ailleurs, que de la poitrine random, bien vulgos et pas naturelle. La crise, tout ça…) pour centrer le budget sur des piranhas et des effets visuels pas trop cheaps.

Des piranhas d’ailleurs, qui seront présents partout. Dans les tuyauteries, dans un van renfermant un jeune homme menotté, ou encore dans un…vagin, les poissons nous sont balancés à chaque scène, aquatique ou pas, et sous n’importe quel prétexte. Ajoutons à cela des jeunes femmes nues (ou presque) balancées régulièrement – et SURTOUT sans raison – au milieu du film, une ambiance teen/pop corn movie aussi décalée que parodique, et vous obtenez un film qui bouclera une soirée pizza entre potes de façon tout à fait honorable. Et pour peu que vous ayez lancé le premier en début de soirée, vous aurez eu votre quota de sang, de seins, et de connerie pour au moins la decennie à venir…et je ne dis pas ça comme si c’était une mauvaise chose, loin de là…Au risque de me répéter, le film, est à l’instar du premier, le genre de plaisir coupable qu’on regarde sans trop savoir pourquoi, mais qu’on kiffe. Et qu’on reverra dans quelques années sur NRJ12, mais qu’on kiffera quand même.

Piranha 3DD, c’est un festival monstrueux de n’importe quoi, c’est de la générosité à tous les étages, et c’est aussi, tout de même, très lourd. Mais si vous avez aimé le premier, si la perte d’une heure et demi de votre vie ne vous dérange pas, et si vous aussi, vous adorez voir David Hasselhoff parodier son propre rôle d’Alerte à Malibu, alors foncez, vous ne regretterez clairement pas le massacre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s