De la TV aux JV : Quand les séries deviennent pixels #1

Une rubrique à durée limitée qui s’étalera sur plusieurs parties. Nous allons pouvoir faire ensemble le point sur un sujet dont peu se préoccupent (développeurs compris, malheureusement), et qui pourtant constitue un point de convergence idéal de deux de nos médias favoris : les adaptations de série télévisées en jeu-vidéo et le traitement de celles-ci. Rarement pour le meilleur, très souvent pour le pire, les adaptations ne datent pas d’hier, ni même d’avant hier, et l’ordre dans lequel nous les découvrirons sera alphabétique. Pourquoi ? Parce que c’est moi qui choisit. Voilà.

24

Titre alternatif : 24 Heures Chrono

Support : Playstation 2

Sortie : 15 mars 2006

développeurs : Sony

Au début des années 2000 était déjà entamé dans le milieu des séries ce qui allait être d’abord une révolution, puis un âge d’or. De grandes séries, avec de grands acteurs et parfois de grands réalisateurs virent le jour. Des séries rafraichissantes mues par une volonté d’afficher un réel vent de nouveauté sur le média et avec de nouveaux codes, plus brutaux, plus action, plus réalistes, en somme de l’aventure humaine profondément dramatique doté d’un budget nettement supérieur à ce qu’on pouvait octroyer à ces formats jusqu’à la moitié des années 90. Parmi ces nouvelles séries s’engoufrant dans une brèche alors ouvertes par d’autres (sur lesquelles je reviendrais un jour, dans un autre article) 24 intervint comme un petit séisme en se posant non pas comme une série purement policière, mais comme un pendant télévisuel à un film d’action de haut vol, dans la veine d’un Die Hard et autre Arme Fatale. Novatrice de par son histoire étalée en temps presque réel (une heure avec les pubs US, 45 minutes en réalité), Elle influença une frange toute entière de ses contemporains par son écriture, son ambiance à mi-chemin entre l’espionnage et l’action, ou ses personnages, Jack Bauer (Kiefer Sutherland) en tête. Et si, sur la longueur, les pitch et twists de certaines saisons finirent plus par faire sourire que par réellement transporter, l’attachement du public aux personnages n’aura jamais vraiment diminué jusqu’à l’arrêt du show, en 2009.

Si seulement la version vidéoludique pouvait se targuer des mêmes éloges…

Un bon point pour ne pas commencer trop fort : la mise en scène et l’ambiance des cutscenes reste fidèle à son modèle. Découpage de l’écran, musique, visages des personnages fétiches plutôt fidèles, de ce côté pas grand chose à redire. Seulement voilà, nous sommes en 2006, fin de vie de la PS2, et à l’heure où se profile à la fois la prochaine génération ET des merveilles de fin de vie telles que OkamiShadow of the Colossus etc… 24 : The Game affiche des animations datées, rigides, des environnements aussi ternes et vides que possible, et un gameplay tout ce qu’il y a de plus basique : un comble alors que celui-ci propose un mélange (indigeste), passant du gunfight à la conduite, des interrogatoires aux piratages. Trop simpliste quand il n’est pas redondant, trop mal calibré quand il devrait être pointu, le jeu ne fait jamais mouche, ne laissant aux fans – je ne vois pas qui d’autres pourrait vouloir y toucher – qu’un scénario anecdotique de huit heures se déroulant entre les saisons 2 et 3. Si les arrivées de Chase et Kim à la CTU vous intéressent, préferez Youtube. Si l’espionnage teinté d’action/infiltration de bas étage vous branche du point de vue ludique, préférez lui Splinter Cell Conviction.

 

Airwolf

Titre alternatif : Supercopter

Support : CPC/Nes

Sortie : 1985 / 1989

Développeurs : Elite System (1985) – Acclaim (1989)

 

Que dire sur ce jeu que le Joueur du Grenier n’ait déjà abordé? sorti en 1985 sur Amstrad, et tiré de la série Supercopter (grande (tout est relatif) série des années 80 mettant en scène un hélicoptère de combat expérimental et son équipage, dont je n’ai bizarrement retenu qu’Ernest Borgnine et Deborah Pratt…), le jeu nous propose de piloter le fameux hélico à travers une pelletée de niveaux aussi injouables que possible et le tout en 2D. A oublier, et à brûler, tout comme sa suite. Une troisième adaptation est néanmoins sortie en 1989, sur Nes, et nous proposait cette fois-ci un shooter à la première personne très arcade. Pas sûr que cela soit forcément mieux…mais en tout cas, certainement pas pire!

 

Alf

Titre Alternatif : /

Support : Master System

Sortie : 1989

Développeur : Sega

Je ne sais pas ce qu’en pensent les plus vieux, mais personnellement, quand j’étais gosse, j’adorais Alf. Certes, la série ne volait pas bien haut, dans la pure tradition des sitcoms US des années 80 (famille et bons sentiments, tout ça…) mais que voulez-vous, un extraterrestre avec un nez en croissant qui cherche à bouffer un chat…il n’en fallait pas plus pour me tuer. J’avais l’humour facile, c’était le bon temps…Et si j’avais connu cette adaptation de Sega, j’aurais certainement trouvé la blague bien moins drôle. Qui sait, peut être même que je n’aurai jamais plus voulu voir quoi que ce soit estampillé Sega, et ma culture vidéoludique actuelle serait alors totalement biaisée et inversée…quelle triste idée.

La plupart d’entre vous en auront, à l’instar d’Airwolf, déjà amplement entendu parler via les frasques du JdG, je ne m’étendrais donc pas très longtemps sur le sujet : Alf est un mauvais jeu, relativement incohérent (certes, on ne lui demandait pas le contraire, mais le prétexte alien à servi les folies du développement), et particulièrement difficile, où le joueur incarnait la grosse peluche à travers divers niveaux explorables, de la maison aux rues de la ville, en passant par la cave, et tout un tas d’autres environnements. Je ne sais pas, peut être que c’est parce que je n’ai jamais eu de réelle affection pour la Master System (ayant démarré mon épopée Sega sur Megadrive), mais très franchement, je l’ai tenté, retenté, surtenté… Alf, je ne l’ai pas adopté. Allez, poubelle!(enfin non, pas poubelle, ça reste un objet vidéoludique. Plutôt rangé soigneusement au fond d’une boîte à envoyer aux générations futures comme une malédiction.)

 

Alias

Titre Alternatif : /

Support : PS2/Xbox/GC/PC

Sortie : 2004

développeur : Acclaim

 

En 2001 naît (dans la floppée de série action/espionnage dont on parlait plus haut via 24Alias, seconde série crée parJ.J. Abrams et sa boîte (Bad Robots). La vie mouvementée de Sydney Bristow en a passionné plus d’un, et aura surtout révélé au public la jeune Jennifer Garner, et si la destinée de la série ne fut clairement pas aussi brillante que celle, contemporaine, de Jack Bauer, Les qualités intrinsèques restaient elles bien réelles, et ont déjà à l’époque posées les bases de ce que seraient les productions Abrams : des shows bourrés d’intrigues et de mystères servants une toile de fond gargantuesque.

Qu’en est-il de son adaptation vidéoludique? Sortie en 2004 sur tous les supports fixes en vigueur, l’intrigue se pose aux alentours des saisons 2 et 3 et nous proposent, là encore tout comme 24, un melting pot de ce qui fait la saveur de la série : infiltration, action, et intrigue conspirationniste. Manque de pot, feu Acclaim rate complètement la cible en livrant un jeu scripté au possible, (Je sais, c’est dur à croire, mais à l’époque, les gens crachaient là dessus comme sur la peste. Non, je n’ai pas changé d’avis sur le sujet.) dont l’intelligence artificielle ferait passer celle de Assassin’s Creedpour un équivalent d’Einstein, dont le rythme s’avère désespérément redondant et prévisible, et dont l’infiltration, balancé là pour surfer sur la jolie mode de MgsSplinter Cell et autres jeux du genre s’avère aussi insipide qu’inutile. Bref, c’est dur à dire, mais là encore, les fans préféreront passer leur chemin que de voir la si jolie Sydney en si mauvaise posture.

 

Arabesque

Titre alternatif : /

Support : PC

Première sortie : 2009

développeur : Mindscape

Eh oui, je sais bien…je m’attendais à devoir passer par des choses étranges en rédigeant cet article. Arabesque est donc l’adaptation des aventures de Jessica Fletcher, celle-là même qui, sous les traits de la génialissime Angela Lansbury, aura traumatisé une génération entière de mômes et enchantés leurs parents/grands parents. Que dire sur l’adaptation PC…sortie en 2009 des méandres d’un studio de bien triste réputation pour la scène gamer (et qu’on verra revenir souvent dans cette rubrique), Arabesque nous propose un point n’click tout ce qu’il y a de plus basique composé de cinq énigmes, équivalentes à cinq enquêtes différentes. Trouvez des indices, reconstituez des puzzles à travers des décors fixes non-photographiques, et résolvez les meurtres. Voilà voilà…Je pense que vous pourrez lui préferer sans regrets Professeur LaytonAce Attorney, ou toute autre saga de jeux à énigme non-adaptés, et mieux développés. A noter qu’une autre tentative vu effectuée en 2012, avec des screens vraiment flippants.

 

A-Team

Titre alternatif : L’Agence Tout Risques

Support : CPC / PC

Sortie : 1988

Développeur : Zafiro

Allez, encore une chienlit de mon enfance! L’Agence Tout Risques, c’était une série orientée action (l’inverse de la précédente donc) des années 80, réunissant une bande de joyeux drilles (dont le grand et très crêtu Mister T) d’élite échappés du Vietnam et reconvertis en mercenaires surarmés dans le van le plus classe du monde (juste après leMystery Machine, celui de Cody Lambert, ainsi que bien entendu le van Dharma récupéré par Hurley) et envoyés dans des missions où personne ne va. Des mercenaires badass en somme, mais pas trop méchants non plus, parcequ’à l’époque le public était gentil, donc il lui fallait des héros gentils. Alors que nous, avec nos Nucky Thompson, Jax Teller et autres badass du petit écran, nous sommes des enfoirés. Bref, la série à marché très fort en son temps, un peu moins ensuite, et à eu droit à un remake il y a quelques temps, au cinéma, par Joe Carnahan, qui a eu tellement honte qu’il est ensuite reparti très loin d’Hollywood pour nous pondre son masterpiece (The Grey). Mais je m’égare.

Donc, A-Team le jeu, sorti en 1988 (soit un an après l’arrêt du show) nous propose de vivre une poignée de missions lambdas de l’agence, à savoir traverser une zone terroriste, détruire une base militaire, et autres joyeusetés. Mais attention, ici pas de diversification de gameplay. Plutôt un shooter bête et méchant, avec un gros viseur à diriger sur l’écran et à placer sur les ennemis pour les dézinguer. J’aurais presque tendance à dire que c’est un peu l’ancêtre deCoD, mais je ne voudrais tout de même pas insulter une vilaine adaptation d’une grande série…ou l’inverse? Boarf, qu’importe, si celle-ci est restée dans l’histoire télévisuelle et dans nos mémoires, la version vidéoludique, elle, restera plutôt au fond du tiroir.

Je fais une pause ici. Eh oui, déjà, je sais. Mais que voulez-vous, je ne peux pas faire tout l’alphabet d’un coup. Ce serait long, fastidieux, et puis, on a déjà fini les A – soit l’une des plus grosses lettres de la liste, avec le S – donc, ça me semble bien de faire ici un premier point. En effet, vous l’aurez sûrement noté : de tous ces jeux, AUCUN n’est bon. et ce n’est même pas comme si on sentait un effort ou un beau geste, non non, il n’y en a juste pas un seul qui tienne la route. Je ne tirerais pas de conclusions trop hâtives, mais attendez-vous à en voir un paquet de cet acabit, car vous le savez aussi bien que moi, ces adaptations, tant au cinéma qu’à la télévision, n’ont à quelques exceptions près jamais bénéficiées d’un réel traitement de qualité. Mais ne perdons pas espoir, qui sait…une adaptation de Sliders, un jour, façon Chrono Trigger, en 3D, en open world, avec glisse en temps réel. Moi j’ai envie d’y croire. Ou en tout cas d’en rêver.

Dans le prochain article, nous irons jusqu’aux D, et nous trouverons dans la liste la série qui est, tant d’un point de vue objectif que par fanboyisme primaire, mon adaptation favorite. En attendant, n’hésitez pas à me faire remarquer diverses choses, des dates incorrectes, que ce sont des jeux de merde, ou que j’en ai oublié certains (les trois sont possibles). Vous me rendrez service ET vous rallongerez un peu la taille de l’article, puisque je m’empresserais alors d’y ajouter vos infos. C’est ça, la magie du web.

See’ya, space cowboys!

Pour les parties suivantes de la rubrique, voyez dans la rubrique « Dossier ».

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