De la TV aux JV : Quand les séries deviennent pixels #2

On continue notre exploration vidéo-ludique, avec les lettres B à D. Je n’avais pas prévu que le D serait si long lorsque je l’ai annoncé…Attendez-vous donc à un pavé un poil plus volumineux qu’auparavant, pour lequel je m’excuse par avance. Quant à la qualité des titres, ma foi…Vous jugerez de tout cela par vous-même. Enfin, une précision : les séries ayant parfois été adaptées de nombreuses fois (certains ont le sens de l’acharnement), la date qui sera indiquée sera celle du premier jeu sorti, mais pas nécessairement celui qui sera le plus évoqué.

 

Battlestar Galactica

Titre alternatif : /

Support : PC/PS2/Xbox

Sortie : décembre 2003

développeur : divers (4 adaptations)

Diffusée de 2003 à 2010, Battlestar Galactica est pour beaucoup LA réussite Space-Opéra des années 2000 (et pour les plus anciens, la frustration ultime). Intelligente, profonde et pertinente, la série – remake de la série éponyme de 1978 – se pose immédiatement comme une saga propice à l’analyse, aux métaphores et aux analogies parmi les plus poussées de la décennie, entre portrait social, conte épique, ou simplement aventure humaine. C’est ici que le jeu video, en tant que média d’exploitation tire toute sa pertinence, puisqu’il ne sortira de la saga que des adaptations dédiées au…shoot de vaisseaux. En effet, de l’opus originel, en 2003 sur PS2 et Xbox, à sa version gratuite sur navigateur en 2012 baptisée Diaspora : Shattered Armistice en passant par le MMO de 2011, tout ce que notre cher média aura tiré de la série de Ronald D.Moore consiste entre une vaste bataille spatiale entre Vipers (ou parfois Raptors…quand ils pensent à les inclure) et Cylons (quand on nous permet de les incarner). Nuançons toutefois le ton vis à vis du MMO, de loin l’adaptation la plus développée, nous permettant de nous promener librement dans les couloirs des vaisseaux (certes pauvres, mais c’est toujours ça de pris), et retranscrivant au mieux l’univers de la saga sur un scénario bateau, mais ne venant pas parasiter la trame du show. C’est peu… mais l’effort est à peu près là. On reste ceci dit très loin des sensations d’un Rogue Leader, et l’équipage du Galactica attends toujours un soft qui lui fasse l’honneur qu’il mérite. (ça aussi, c’est un de mes rêves, un open world spatial qui ne soit ni laid/textuel (Elite) ni un RPG (Mass Effect).

 

Buffy the Vampire Slayer

Titre alternatif : / (non, vous ne me le ferez jamais dire.)

Support : GBC/GBA/PS2/XBOX/GC/DS

Sortie : 2000

développeur : divers (5 adaptations)

 
en 1997, pendant que Tom Fontana faisait sa révolution sur HBO à grands coups de sodomie non consentie, un jeune scénariste gavé aux films bis, aux jeux de rôles et aux comics du nom de Joss Whedon faisait la sienne dans son coin, sur WB. Celle-ci s’appelait Buffy, et elle allait à coup sûr redonner un énorme coup de polish au média, à la fois par son dépoussièrage de l’anthologie horrifique (le concept évoluant à mi-chemin pour devenir une véritable série à fil rouge, bâtie sur sa propre mythologie) et par le message féministe, dans le bon sens du terme, nous donnant pour personnage principal une jeune fille nature, imprégnée de pop-culture jusqu’aux bout des ongles, se prenant régulièrement de magnifiques coups dans la gueule au propre comme au figuré, pour apprendre à grandir un peu (oui, il paraît que ça forge le caractère). Buffy était née, elle allait durer, et elle reste pour beaucoup, à l’instar de Starbuck(Battlestar Galactica) ou de Carmela Soprano l’une des icones féminines les plus fortes du petit écran des années 2000. Autant dire qu’une fois de plus, côté jeux…Ce n’est pas toujours ça.

L’hécatombe commence en 2000 sur Game Boy ColorBeat them’all sans originalité ni prétention, Buffy nous propose une histoire banale, digne des pires épisodes du show, où la seule réelle touche bienvenue (qui sera conservée par la suite) vient du fait que les vampires ne puissent être abattus que par un pieu dans le cœur. Ce qui signifie qu’on pourra les martyriser aussi longtemps qu’on le souhaite…Mais honnêtement, avec un gameplay si calamiteux, on se demande qui de l’ennemi ou du joueur est celui qui souffre. En 2002 nous arrive une seconde adaptation, éditée par EA et développé par le défunt studio Collective Inc, en exclusivité Xbox (je l’admets, ce jeu fut l’une des raisons qui me fit à l’époque vouloir la machine. Avec Jet Set Radio Future, tout de même). La série est alors en pleine gloire, toute fière de son souffle retrouvé (saisons 5-6, pour ceux qui situent), et les joueurs déjà maintes fois trahis n’attendaient au tournant rien de plus qu’une adaptation faiblarde amoncelant le fan-service baveux et gras pour nous être vendu au prix maxi best of…

…Et eûrent finalement droit non seulement à un beat them’all très sympathique, mais aussi à une adaptation en bonne et due forme. Le level design exploite bien entendu tous les aspects de Sunnydale, du quartier industriel aux bars en passant par le lycée. Le jeu alterne phases d’exploration/plate forme pas toujours au poil et combats qui à l’inverse se montrent très solides, principalement pour deux raisons : la première vient des combos, variés dont Buffy nous gratifie avec une aisance particulièrement appréciable, n’ayant alors pas à rougir face à la concurrence de l’époque, autorisant même des « one shot » en aveugle (la grande classe). La seconde vient d’une idée toute simple, retranscrivant pourtant parfaitement les affrontements : on peut improviser avec le décor. Débris de bois, queue de billard, torches, ou même grilles acérées, tout sera bon pour flinguer du vamp’, et tout ne sera pas nécessairement présent lorsque vous en aurez besoin. Se dégage de tout cela un rendu particulièrement jouissif…qui sera immédiatement effacé l’année suivante.

Le second opus salon, Chaos Bleed (2003) , développés par les récemment défunts Eurocom, effectuera donc l’opération inverse en nous proposant le fan-service le plus minable qui soit (tout plein de persos à jouer dans tout plein de niveau supposés retranscrire les lieux et défis les plus traumatisants pour chaque personnages) sans inventivité aucune ni réelle bonne exploitation de l’univers. Lorsque l’on voit que ces chers messieurs ont réédités récemment l’exploit de l’insipidité par le fan-game avec 007 Legends, on se demanderait presque s’il n’y pas certain comique de répétition qui aurait trouvé ici une fin. La même année sort un opus GBA, tentative presque désespérée de surfer sur une série en fin de vie, qui rencontrera un mur de plein fouet quelque part au milieu du développement, seule excuse valable à une telle défiguration de l’oeuvre. Enfin, en 2009, le Buffyverse revient une dernière fois via un…FPS, sur Nintendo DS, doté de cinématiques fixes vaguement aussi hideuses que honteuses pour un jeu pathétique jusqu’au bout du pieu, mais qui confirme au moins que la série, des années après son arrêt, reste bien présente dans la tête des actionnaires comme des fans (A moins que ça ne soit un coup tordu de la prod’ détentrice de BuffyFran Kuzui). Le parcours vidéoludique du Whedonverse se clôt finalement lorsqu’il y a quelque mois fut annulée l’adaptation (prévue depuis si longtemps qu’on s’en doutait un peu) de Buffy et Firefly en MMO.

 

Community

Titre alternatif /

Support : PC

Date de sortie : premiere release en 2012, jeu encore en travaux

Développeur : « des gens ». (de Reddit)

 

Ceux qui connaissent le savent : Dan Harmon a crée avec Community le nouveau mètre étalon de la comédie référentielle. Peu accessible pour le grand public (je vous laisse tirer vous-même les conclusions), Community laisse allègrement son humour reposer à la fois sur ses dialogues pop-culturels omniprésents, sur ses situations patchworkset ses épisodes à thèmes (paintball, stop motion, etc…) ainsi que sur son rythme dynamique laissant fuser à peu près n’importe quel délire sans retenue. Malheureusement pas au goût d’une chaîne au regard rivé sur les audiences (nous ne leur en voulons pas) cet aspect geek mena la série sur une pente savonneuse, la condamnant à une annulation pure et simple. Les fans, de leurs côtés, prirent les devants, créant eux-mêmes toutes sortes de goodies officieux vis à vis du show…et particulièrement un jeu-vidéo directement adapté de l’épisode 3×21, entièrement en pixel-art, où les héros se voient créer des avatars à leurs effigies dans un jeu qu’ils doivent tous ensemble terminer…

Community : Journey to the Center of Hawkthorne restitue donc le pitch tel qu’il est évoqué dans l’épisode (terminer le jeu conçu par le père de Pierce afin de récupérer son héritage) à ceci près que les développeurs, en plus des gags du show (la villageoise aux mille et un sujets de dialogues) se sont montrés ambitieux et généreux, en implémentant à peu près tout ce qu’il est envisageable d’y mettre pour se faire plaisir : plus de 15 persos jouables, pour la plupart déclinables en plusieurs costumes alternatifs inspirés de la série (Evil AbedAce of Spades, Troy en Kickpuncher…) ; une visite possible de Greendale (pas encore finalisée à l’heure où ces lignes sont rédigées), Luis Guzman, le human being, la penderie gigantesque de ce cher Dean, le crafting d’armes dans la forêt (mixer un caillou et un autre caillou donne une massue), les partie de poker, cartes et autres dans la taverne du village, et plus tard (car là encore non finalisées) les niveaux du jeu présentés dans l’épisode d’origine tel que Gay Island, Abed’s Town, etc…
updaté régulièrement, il ne fait désormais aucun doute que chaque fan se doit de suivre le développement de ce délire vidéoludique avec attention…Après tout, il pourrait bien s’agir de l’une des meilleures adaptations de série que l’on ait vu depuis longtemps.

 

C.S.I.

Titre alternatif : Les Experts

Support : PC/PS3/360/Wii/DS/PS2

Sortie : 2003

Développeurs : divers

CSI, c’est un peu l’archétype même de la série telle qu’on l’a toujours conçue depuis plus de quarante ans, qui n’a jamais évoluée d’un iota, et qui continue pourtant à battre des records d’audiences : une galerie de persos (depuis devenus d’immondes clichés à force d’être repris par 95% des séries flico-scientifiques de la décennie), une enquête par épisode, des liens scénaristiques proches du néant (avec de temps en temps une petite variable, pour nous rappeler que les personnages aussi ont une vie, et que de temps en temps il faut remplacer un acteur), le tout recyclable à l’envie et déclinable ad vitam eternam, ou du moins tant qu’il y aura des meurtriers créatifs et des scénaristes prêts à adapter leurs frasques. Née en 2000 sur CBS, la série connut depuis un certain lot de déclinaisons propres à plusieurs grandes villes, histoire de varier les plaisirs et l’ambiance (Miami, etc…)

Eh bien vous savez quoi ? Pour les adaptations…c’est strictement la même chose. Depuis 2003, pas moins de neuf jeuxCSI sont sortis, majoritairement sur PC, parfois sur consoles. Pas vraiment mauvais, pas géniaux non plus, ces jeux prennent pour cadre une série d’enquêtes à résoudre, servis par la mise en scène et les personnages habituels de la déclinaison d’où elle est adaptée, le tout dans un style aventure/point n’click balisé au possible et déclinable à l’envie, recyclé d’une année sur l’autre avec une ou deux variables : parfois un scénar lié entre les enquêtes. Parfois à Miami. Parfois une option supplémentaire. Pas de surprise ici, les développeurs s’adressent aux fans de la série, et il faut croire que dans leur esprit, le fan-type de CSI n’est pas un gamer. Dommage, je suis sûr qu’il y aurait quelque chose à en tirer, avec un peu de moyens. (qui a dit L.A. Noire?)

 

Dallas

Titre alternatif : /

Support : Commodore 64/Apple II/Atari 8-bit/TRS-80

Sortie : 1984

Développeur : Datasoft

Au cœur de quelques conversations ces derniers jours pour une bien triste circonstance, à savoir la mort de Larry Hagman, éternel interprête de J.R. (je vous l’avais dit, que 47 voulait le chopper), la série Dallas fit en son temps (1978) et durant 14 saisons, le bonheur des téléspectateurs, rendant célèbres jusqu’à nos générations et par delà l’arrêt de la série les membres de la famille Ewing, au point d’ailleurs qu’une suite/remake aura vu le jour cette année même, et continuera les éternelles querelles familiales pour au moins une seconde saison. Avec une telle aura si rapidement acquise, il n’est pas anormal qu’une adaptation ait vu le jour…fut-ce par mercantilisme mal placé.

The Dallas Quest, sorti donc en 1984, est un jeu d’aventure textuelle, genre prisé à l’époque dont on croyait être enfin débarassé au début des années 90, avant que cette saleté ne reviennent en force sous l’appellation « récit interactif » il y a quelque temps, et nous foute K.O. via des titres comme 999 ou To the Moon. Mais ceci est une autre histoire. The Dallas Quest, nous place dans la peau d’un homme engagé par Sue-Ellen pour retrouver un trésor caché en Amérique du Sud. Ceci est bien sûr sans compter sur le vil J.R. qui nous enferme dans son ranch, gardé par ses hommes de mains. A nous de nous sortir de cette facheuse situation et de partir en quête du trésor.

Vous l’aurez compris, mis à part le contexte, le jeu n’a finalement que très peu de rapport avec la série. Développé parDatasoft, l’adaptation appartient en fait à un concept très particulier effectué par la boite à l’époque : racheter des droits pour a peu près tout et n’importe quoi (Conan et Zorro y sont passés aussi, de mémoire) pour en sortir des jeux, avec peu ou proue de rapports, et faire du profit. L’Histoire, elle, ne mentionne pas si les fans de la série furent déçus ou non…

 

Dark Angel

Titre Alternatif : /

Support : PS2/Xbox

Sortie : 2003

Développeur : Radical Entertainment

Dark Angel, diffusée de 2000 à 2002, est le mix cocasse et improbable (de surcroît produit par James Cameron) entreHitman (le jeu vidéo) et Los Angeles 2013 (le film de Carpenter)  : En 2009, une poignée de gosses génétiquement modifiés (le kit intelligence/capacités physiques classique) s’évadent d’un complexe militaire dont le but est de produire des super-soldats. Bien sûr, l’armée recherche activement les mômes. Dix ans plus tard, alors que l’amérique, ravagée par un IEM géant au début des années 2010, est devenu un pays du tiers-monde, la série suit le quotidien de Max, jeune femme d’une vingtaine d’année vivant à Seattle. Echappée du centre, elle vit depuis traquée par les forces de l’ordre, et jongle entre son travail de coursière et la recherche de ses semblables.

…Autant dire qu’avec un tel pitch et aucune autre ambition que celle de l’épisode of the week (avec un brin de fil rouge de temps en temps pour justifier le scénar), il n’est pas étonnant que la série n’ait rencontré le succès. Ses rôles principaux eurent toutefois plus de chance, puisque la jeune Jessica Alba aura eu tout le loisir de se faire remarquer, alors que Michael Weatherly trouvera finalement sa place dans le Dinozzo de NCIS. Le jeu, sorti l’année suivant l’annulation de la série, nous propose de passer un peu plus de temps avec Max, dans un jeu d’action/infiltration qui…Non, dans un jeu d’action qui tente d’avoir des éléments d’infiltration (on aurait dû les prévenirs que Splinter Cell et Metal Gear Solidexistaient) et qui les rate royalement tout en faisant la part belle a des fights pour lesquels les devs ont eu la bonne idée de pomper Buffy (le cool sur Xbox) et la mauvaise de tailler le gameplay à la truelle pour rendre tout ça chiant et accessible, dans des décors aussi variés qu’un épisode de Fringe. Déjà peu palpitante à regarder, la série aura été une purge jusque dans son adaptation. Encore un rendez-vous à mon sens raté, car il n’y avait dans tout cela un sacré potentiel…qui s’est comme souvent évaporé après le pilote.

 

Derrick

Titre Alternatif : /

Support : PC

Sortie : 2011
Développeur : Daedalic Entertainment

Il y a parfois des adaptations en films, en séries, ou ici en jeux, qui échappent purement et simplement à la logique humaine, et à notre perception dimensionnelle de pauvres mortels. Ainsi, nous ne voyons ici qu’un jeu Derrick(brillamment sous titré « Meurtre dans un parterre de fleurs »), le flic allemand le plus soporifique de la planète, que seul Hazanavicius aura réussi à nous faire apprécier le temps d’un détournement bien connu. Mais à l’échelle cosmique, cet événement anodin fait en fait partie d’un dessein bien plus grand, que nous ne sommes pas supposés connaître, et qui assurera la sauvegarde et la survie de l’espèce par une causalité aussi imprévisible qu’impressionnante, un véritable effet papillon de destinées entremêlées et de hasards provoqués sur plusieurs dizaines d’années.


…Enfin, j’espère. Parce que sinon, c’est vraiment qu’il y a des développeurs qui n’ont rien de mieux à foutre de leurs dix doigts.

Derrick est donc un jeu statique, ponctué de phases de recherche d’objets (à peine) cachés dans des décors figés, entrecoupé de dialogues non-doublés apparaissant en texte au bas de l’écran (avec le visage des intervenants, bande de veinards), et servant un scénario lambda non-adapté d’un épisode lambda. Ou peut être l’est-il…je vous avoue avoir quelque réticences à aller vérifier par moi-même! Finalement, on saluerait presque le geste des développeurs, qui réussirent le paris osé de retranscrire tout le caractère soporifique de la série sur nos chères machines de jeux. Enfin, dernier détail que je ne compte pas aborder ailleurs (parcequ’il ne faut pas pousser non plus) : les développeurs auraient sortis un jeu, en 2011, adapté de la série de Canal + : Borgia, et semblant reposer strictement sur les mêmes mécaniques. Rien à redire, ces mecs savent faire de fidèles adaptations.

Si vous haïssez les gamers, n’hésitez pas : le combo Derrick/Arabesque pour noël, c’est radical!

 

Desperate Housewives

Titre Alternatif : /

Support : PC

Sortie : 2006

Développeur : Liquid Entertainment

Okay. Là on commence à toucher aux choses que je ne peux que difficilement supporter. Desperate Housewives, archétype même de la série ABC à la fois grand public, pleine de morale et de discours à l’idéologie parfois franchement douteuse (voyez, rien que d’en parler, je suis déjà tout crispé sur mon clavier) a elle aussi eu droit à sa bouse vidéoludique. Développée par Liquid Entertainment (au demeurant un studio certes pas de premier plan, mais relativement honorable) certainement pour arrondir une fin d’année fiscale un peu rude, l’adaptation vous propose de diriger une femme nouvellement installée à Wisteria Lane avec mari et enfant pour tenter de…jouer à un simili-sims-like(à dire plusieurs fois et très vite) très pauvre, avec très peu d’interactions (vous ne choisirez ni ne construirez votre maison, vous ne pourrez en optimiser que quelques éléments superficiels) et des niveaux qu’il faudra franchir en remplissant des objectifs digne de…eh bien, de la série télé. Espionnez votre gosse, vos voisines (les insupportables actrices du show), discutez avec, et résolvez les mystères de la seule banlieue américaine où il se déroulent plus de crimes en un mois que sur toute une année au milieu d’Echo Park.

Le seul point positif de tout ça étant que le jeu s’avère, à l’instar de Derrick, fidèle à son modèle : insipide. Préférez-lui les Sims. Ou la pendaison.

 

Dexter

Titre Alternatif : /

Support : iOS

Sortie : 2009

Développeur : Icarus Studios

Il ne fallait pas rêver, mes chers droogies, le tueur en série le plus statique du paysage télévisuel lui-même ne saurait échapper aux vagues du grand Pixel. Dexter, sur iOS, est un jeu se situant au début de la série et reprenant sans trop se fouler les éléments qui la caractérisent : double vie, mensonge, filature, et meurtre, le tout dans des environnements semi ouverts – très pauvres et ressemblant à un jeu PSP bas de gamme – où l’on peut se déplacer librement. Les séquences de gameplay, hors exploration, ressemblent à des mini-jeux dans le style de 24, tout aussi convaincants : des choix multiples de réponses aux interlocuteurs aux tests d’éclaboussures de sang, en passant par les scènes de crimes et le meurtre proprement dit. Pas de doute, l’ambiance et le ton de la série sont restitués, et c’est probablement tout ce que le fan lambda jouant sur smartphone recherchera. L’avantage non négligeable de tout cela : le jeu sera très certainement trop court pour vous lasser autant que la série peut le faire.

 

The Dukes of Hazzard

Titre alternatif : Shérif, fais-moi peur !

Support : PC/Psone/PS2/GBC

Sortie : 2000

Développeur : divers

Le début des années 2000 vit naître chez les éditeurs de jeux un intérêt certain pour les anciennes gloires télévisées américaines. Ceci se solda par des jeux aussi limités que laids, et aussi injouables que ridicules. Pour vous donner une idée du niveau : Davilex participa au massacre.

La première victime de cette vague de terreur vidéoludique survint dès l’an 2000, avec Dukes of Hazzard, série pourtant très joyeuse et très gentille, diffusée entre 1979 et 1984, et mettant en scène les frères Dukes et leur famille au fin fond de l’amérique, tous riants et gambadant au nez et à la barbe de la police comme de gentils rednecks bercés par lacountry et les étendues verdoyantes. Etalées sur tout de même sept saisons, la série eût le mérite de nous faire connaître John Schneider et les superbes formes de Daisy Duke, incarnée par Catherine Bach…Autant dire que les résultats d’audiences lui sont en partie dus.


A gauche, une cutscene du premier opus. A droite, le portage GBC, ingame. Make your choice!

Que reste t’il du comté de Hazzard après sa transposition vidéoludique ? Eh bien…pour rester corrects, une magnifique bouillie de pixels où une bagnole rougeoyante – General Lee, et son klaxon plus repérable qu’une sonnerie téléphone de la marche impériale – devra inlassablement rouler d’un point à un autre (ou glisser, le gameplay redéfinissant de manière presque lyrique le sens du mot savonette), parfois dans le but d’une course, parfois pour échapper à la police, toujours chronométrée, parfaitement injouable, et très souvent rageante. Et quelque part au milieu de tout ça, peut être aurez-vous la chance d’apercevoir une cinématique hideuse mettant en scène un Boss Hog en colère, et un Enos à l’air plus stupide encore que l’acteur originel. Il faut croire néanmoins qu’une bonne dose de pigeons se sont fait vampiriser (eh, me regardez pas comme ça, j’ai une excuse : un ami me l’a donné. C’est depuis ce jour un ex-ami) puisque la série, après sa calamiteuse adaptation Psone, eût droit à une suite (en 2002 , toujours sur Psone…) , un portage sur Game Boy Color (de loin la meilleure version, c’est dire si il y a un hic) et même une tentative malencontreuse made in Ubisoften 2004, avec un opus PS2/Xbox tout aussi imbuvable, et toujours basé sur le même principe calamiteux. Pas vraiment grand chose à dire de plus sur le sujet, les frangins Dukes et Oncle Jesse peuvent rester dans leur ranch des seventies, et ne jamais plus en sortir.

Il est temps de faire une seconde pause dans cette rubrique. Vous l’aurez compris, ici encore à une exception près, c’est la quasi totalité de la liste qui est à foutre à la poubelle. On remarque également une forte tendance au point n’click paresseux et sans même l’ombre d’un début d’effort, certainement codé sur le temps libre d’une poignée de stagiaires forcément sous-payés, quand ce n’est pas simplement (dans le cas de DH) une copie pure et simple d’un concept en version light. Le second bilan n’est ni un scoop, ni étonnant : ces adaptations sont de véritables calamités à fuir sans une once d’hésitation. Enfin, je n’ai pas indiqué, pour Dexter par exemple, les adaptations en jeux sociaux/Facebook…pour des raisons qui je pense semblent évidentes à la grande majorité d’entre vous.

Nous irons la prochaine fois jusqu’aux H, ou aux K, selon ma motivation. L’article sera forcément (j’espère) plus court, et nous réserve lui aussi quelques très jolies bouses. Un indice : Kevin Sorbo.

A bientôt, et comme d’habitude, n’hésitez pas à me traiter de pauvre crétin inculte si j’ai par mégarde balancé une immondice quelque part dans ce pavé, ou pire, si j’ai oublié votre série culte.

Pour les autres parties, voyez dans la rubrique « Dossier »!

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