De la TV aux JV : Quand les séries deviennent pixels #4

Nouvelle partie de la rubrique consacrée aux parasites vidéoludiques adaptés de nos chers univers télévisuels. Aujourd’hui cinq petits jeux, allant du K au N, avant d’entamer dans la partie 5 les plus gros morceaux. Enfin, pour les éventuels oublis, je les ajouterais dans les rubriques correspondantes en fin de dossier, avec un lien dans les annexes (Dr Who, par exemple, y figurera.) Bonne lecture !

Knight Rider

Titre alternatif : K-2000

Support : Amstrad / Commodore 64 / ZX Spectrum / Nes / PC / PS2

Sortie 1990 / 2002

Développeur : Pack-In-Video / Davilex

Ah, les années 80…L’époque bénie où on pouvait faire une série entière, soit plusieurs saisons et presque une centaine d’épisodes…juste sur un véhicule. Une voiture qui parle, un hélicoptère surarmé, une moto et son pilote (Tonnerre Mécanique) et autres connurent alors leurs heures de gloire. Et si K-2000 est restée dans les annales, c’est bien parcequ’elle représente à merveille l’essence kitsch de ces années où le futur était représenté à coup de diodes rouges, de voix synthétiques et de bips lumineux. Et puis avouons-le, on aime tous David Hasselhoff, quelque part…tous, saufDavilex

Davilex, pour ceux qui par chance (ou malchance, car ils ont ratés de beaux éclats de rire) y auraient échappés, est un peu au jeu vidéo ce qu’Ed Wood était au cinéma : Les tréfonds du néant et de la médiocrité. Seulement voilà, là où l’ami Eddy avait une passion communicative pour son domaine, on a toujours senti que Davilex, bah…ils s’en foutaient royalement, quoi. Morts en 2005 (après avoir fait de Miami Vice leur dernière victime, dont nous parlerons plus bas), le studio nous manque beaucoup, car désormais personne n’est assez nul dans le développement de jeux pour nous faire autant rire. Bien entendu, K-2000 ne fait pas exception à la règle, et après un tout premier opus sorti sur Amstrad,Commodore et ZX Spectrum consistant en un mélange de course (à la première personne) et d’action (en vue du dessus), et une seconde version Nes sortie en 1990 et non de leur fait ( qui consistait à rouler et à bousiller des voitures ennemies en évitant leur tir, le tout en vue conducteur), deux opus virent le jour sur PS2 et PC, en 2002 et 2004. Inutile de dire que l’un comme l’autre sont des exemples inégalables de bouses, où rien n’est beau, bien animé, intéressant ou même simplement modélisé. Comme toujours, Davilex nous gratifie d’une « oeuvre » injouable, et peu de studios peuvent se targuer de pousser aussi loin la médiocrité en leur sein. Notons tout de même dans le second opus un Evil Hasselhoff moustachu ajouté à l’intrigue. Voilà bien quelque chose qu’on ne voit pas tous les jours.

 

Law & Order

Titre alternatif : New York District; New York Police Judiciaire.

Support : PC

Sortie : 2003

Développeur : Legacy Interactive

Après Davilex, on revient un coup sur Mindscape, éditeur de la majorité des jeux Law & Order. Cette série, qui aura quand même trainé sur vingt saisons, de 1990 à 2010, posa les bases (de fort belle manière) de ce qui est aujourd’hui la série policière « classique ». En effet, NCIS, CSI et consorts n’y ont grosso modo ajouté que leur touche personnelle. Division spéciale, enquêtes scientifiques, recherches de tueurs, etc…Law & Order, de son côté, s’intéressait avant tout à l’application de la loi, de la découverte du crime jusqu’à la fin du dossier, qu’il s’agisse d’une condamnation ou de toute autre décision de justice découlant de l’enquête. Connue pour les nombreux excellents acteurs qui s’y sont succédés, ainsi que pour son theme principal signé Mike Post, la série aura marqué le petit écran. En ce qui concerne son adaptation, il serait ironique de dire que seule une condamnation extrêmement sévère mériterait que l’on y joue.

Quatre jeux Law & Order sortiront entre 2003 et 2006, soit un par an. tous développés par Legacy Interactive, tous édités par Mindscape…et tous des semi-ratages à peine réservés aux fans, dans la droite lignée du traitement que l’éditeur réservait à CSI sur le même laps de temps. J’imagine que les ventes de cette dernière furent meilleures, car on continue d’en bouffer aujourd’hui encore…Du point n’click classique donc, pas très beau, pas très intéressant, pas très développé. A noter qu’un dernier jeu, dématérialisé, est sorti en fevrier 2012 sous le giron de Telltale Games (nos chers génies derrière le Goty plus ou moins unanime Walking Dead). De cet opus pas grand chose de mieux à retenir, sinon la touche graphique si particulière du studio, ici relativement laide, mais toujours plus acceptable que les anciens opus de la « saga ». Tournez vous-donc vers l’une des multiples rediffusions proposées par nos chaînes sans queue ni tête depuis dix ans, ce sera bien plus enrichissant.

 

Lost

Titre alternatif : /

Support : PC/PS3/360

Sortie : 2008

Développeur : Ubisoft Montreal

Les mauvaises séries, on les oublie vite. Les bonnes séries, on s’en souvient parfois, avec sympathie, quand on retombe dessus. Les très bonnes séries, on ne les oublie pas, et elles nous restent longtemps en mémoire…Les séries cultes, elles diviseront leur public, le déchireront dans tous les sens du terme, et ce des décennies encore après leur fin. Lost fait définitivement partie de cette catégorie. Amorcée en 2004, la série conquit vite son public par sa structure feuilletonnante et ses personnages qui, bien que partant d’archétypes classiques, finissent par se démarquer les uns des autres. Et bien entendu, impossible de ne pas mentionner le scénario, à la fois alambiqué, complexe et lourd de sens (lourd tout court, diront les mauvaises langues) qui continuera probablement d’être battu et débattu bien après notre mort. La série joua sur à peu près toutes les formes exploitables de sa structure, des épisodes centrics aux différentes temporalités, des thèmes fantastico-SF à des enjeux bien plus terre à terre, éparpillés sur six saisons avec lesquelles les scénaristes prirent tout le temps nécessaire à l’évolution de l’intrigue. Enfin, sa conclusion restera d’une manière ou d’une autre dans les annales, décriée ou adulée suivant les camps.

Le jeu, lui, nous vient d’une grosse boîte. Mais si, vous la connaissez. Assassin’s Creed, Prince of Persia, Watch Dogs…voilà, Ubi Montreal. Sorti en catimini au début de l’année 2008, Lost : Via Domus nous emmène sur l’île aux milles mystères et nous propose de revisiter les trois premières saisons à travers le regard inédit d’un passager lambda d’Oceanic aidant les survivants bien connus du show. Le problème, c’est qu’en dehors de cette approche pourtant pas mauvaise dans son concept, les développeurs n’ont strictement rien tiré. Les phases de jeux consistent généralement à trouver des choses pour les ramener aux survivants, à faire le trajet trappe/plage, dans divers sens. Parfois à réparer des tableaux electriques, ou à courir dans une jungle en couloir (et pas les grands couloirs de Mgs3hein, là c’est vraiment du couloir couloir) en esquivant ce cher black smokey…le tout entrecoupé de flashback supposés nous apprendre qui est notre personnage, des séquences aussi inintéressantes que possible. L’histoire, de son côté, brillera par son incohérence crasse vis à vis de la série, en nous crachant même à la fin le twist le plus minable et prévisible qui soit. En outre, le soft se bouclera sans trop forcer en une après midi, et son rendu est plutôt «joli » (tout est relatif)

Une fois encore, il y avait là matière à pondre un concept génial (personnellement, j’aurais bien vu un genre de action/aventure avec la possibilité de gérer chaque personnage indépendamment, chacun ayant sa capacité spéciale, tout ça…) avec la base de Lost, et nous n’eûmes au final qu’un soft médiocre qui, bien qu’il brille vaguement plus que les autres adaptations, n’en reste pas moins incroyablement baclé…d’autant qu’aucun infos sur le background de l’île ne vient l’égayer. Définitivement à éviter.

Miami Vice

Titre alternatif : Deux Flics à Miami

Support : PC/Commodore 64/Amstrad CPC/Atari ST/PS2/Xbox

Sortie : 1986/1989/2004

Développeur : Canvas/Capstone/Davilex

Probablement ma série eighties préférée, à ranger directement aux côtés de 21 Jump Street et Quantum Leap. Les duos de flics étaient légions à cette époque sur le petit écran, et Miami Vice, outre son cadre particulier, fit de Sonny Crockett (Don Johnson) et Ricardo Tubbs (Philip Michael Thomas) de véritables icônes, à la fois de leur époque et du style de Michael Mann, créateur et producteur du show. Cinq saisons (1984-1990) durant lesquelles nombre de grandes gueules actuelles firent des apparitions plus ou moins remarquées, et pour beaucoup toujours très présentes aujourd’hui dans le milieu télévisuel (Edward James Olmos, Luis Guzman…). Quant à l’influence visuelle et artistique du show, elle est indéniable, et trouve aujourd’hui ses échos dans tous nos médias.

La première adaptation vidéoludique survint assez rapidement, en 1986 sur Amstrad et Commodore. Assez insipide, elle consistait à se balader dans les rues de Miami en esquivant les voitures et en shootant les gangsters, le tout en vue du dessus. L’ancêtre de Gta ? N’exagèrons rien. La seconde adaptation, en 1989 sur PC et Atari ST, jouait la carte de la diversité : action, plate forme, course poursuite en voiture ou en bateau, tout y passait, reprenant donc l’essence même de la partie actionner de la série…Et tout y était passablement médiocre. Le studio (Capstone, à qui l’on devra également le tout aussi laid Surf Ninjas en 1993) nous prouvant que les développeurs n’étaient pas plus inspirés à l’époque qu’aujourd’hui, et que les bonnes adapts tiennent finalement plus du hasard qu’autre chose. Néanmoins, le pire était à venir, car Davilex allait, en 2004, nous ressortir Crockett et Tubbs du néant.

Miami Vice par Davilex, qu’on se le dise, possède au moins une qualité : celui d’avoir achevé la boîte, qui ferma après cet énième gâchis. Développé dans le même temps que K-2000, (sûrement un prix de gros pour les licences dont plus personne ne voulait), Miami Vice comporte toutes les tares habituelles du studio, et même bien plus encore, puisque les développeurs, déjà inaptes à gérer un seul développement complet, avaient alors deux adaptations de séries sur les bras en simultané. Cela ne loupa pas, comme vous l’imaginez, et l’une des plus belles séries (d’un strict point de vue photographique) jamais réalisée devient dès lors l’un des jeux les plus laids qui soient. Pour le reste, pas de surprises, c’est un shooter à la fois classique et daté (même pour 2004) basé sur l’une des intrigues interchangeable des épisodes. Bref, Davilex se surpassa une dernière fois pour foirer en beauté Miami Vice, tel un bouquet final attendu, et lâcher définitivement la production de jeu vidéo, à notre grand soulagement. Et puis de tout façon, la seule véritable adaptation de Miami Vice réussie, qui en reprend l’essence visuelle tout en la couplant admirablement avec un sens de la cinématographie patchwork bien caractéristique de l’auteur, tout le monde le sait, c’est Gta : Vice City.

 

NCIS

Titre alternatif : /

Support : PC/PS3/360/Wii/3DS

Sortie : 2011

Développeur : Ubisoft Shanghai

Comme je vous le disais plus haut, sur le paragraphe de Law & Order, les séries policières actuelles découlent des piliers du passé. NCIS, c’est donc un random police show, consacré a des enquêtes criminelles teinté de police scientifique dans un contexte militaire et gouvernemental. Développé par Ubi Shanghai (sûrement avant qu’on ne leur confie à la hâte I am Alive pour « sauver les meubles et sortir la démo le plus vite possible »), la boîte se contente d’appliquer à la lettre la recette qui fait joie sur les CSI et consorts : point n’click basique, basé sur des enquêtes basiques, avec une subtilité et un challenge absent, et diverses séquences d’analyses, le tout entrecoupé de dialogues entre les personnages bien connus de la série. On essaie ici de se démarquer en proposant néanmoins de contrôler tous les personnages du show à la troisième personne, ce qui ne rend pas le jeu pour autant plus passionnant. Enfin, la durée de vie, réduite à peau de chagrin (six heures) ne comblera même pas les fans de la première heure. Sorti sur à peu près toutes les machines rentables en vigueur en 2011, NCIS, à l’instar de ses contemporains, possède au moins un atout : l’humour, le ton et l’ambiance de la série est restitué. C’est peut être le plus triste, qu’un mauvais jeu soit une bonne adaptation.

C’est tout pour aujourd’hui. Vous l’aurez remarqué, on s’enfonce un peu plus, et de mon côté je suis presque déprimé de voir tant de gâchis vidéoludique, de toutes ces séries jetées en pâtures aux développeurs les moins regardants. Ainsi va la loi du marché. La fois prochaine, nous ferons les P, et les S…peut être pas entièrement, vu la masse de titres qui composent cette lettre. En attendant, une énigme qui pourrait occuper même le plus créatif d’entre vous : Comment pourrait-on tirer un jeu potable de la série Demain à la Une ?

A bientôt !

Pour les autres parties, voyez dans la section « Dossier »!

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