Nintendo, la roue bloquée dans une machine bien huilée.

Bonsoir, chers lecteurs. Ou bonjour, selon l’heure où vous me lirez. Déjà six mois depuis mon dernier coup de gueule. Quasi au jour près. Comme quoi, certaines choses sont cycliques. Et puisqu’un blog est aussi fait pour cela… Allons-y, séance enfonçage de portes (ouvertes) et pensées obvious, je te déclare ouverte !

Cette nuit, je jetais un œil aux jeux sur 3DS. Parce que ça fait quand même un moment maintenant que les gamers (vous, peut-être) me font baver ici et là, à coup de Luigi’s Mansion 2 et de Fire Emblem. Et ça fait donc quelques semaines, quelques mois peut-être que j’hésite régulièrement à faire l’acquisition de la machine, scrutant les prix, les promos, hésitant ; ptet’que oui, ptet’que non, ptet’plus tard.

Bien entendu, on pèse le pour et le contre, dans ces situations. L’investissement en vaut-il (c’est le cas de le dire) le jeu? C’est ce soir que je me suis finalement aperçu d’un petit détail, un grain de sable qui me démange depuis un moment : au-delà de l’envie de jouer, c’est chez moi la lassitude vis-à-vis de Nintendo qui prédomine. Je ne vais pas cracher dans une soupe déjà trop souvent réchauffée : j’aime tout comme nombre d’entre vous Nintendo. La firme n’a pas été mon ticket d’entrée dans le monde du JV (Double DragonAtari, big up), mais elle m’aura offert nombre de mes meilleurs moments de jeux, de Zelda à Pokémon, de Mario à Fire Emblem, de Donkey Kong à F-Zero. Seulement voilà :Nintendo, cette machine à rêve de mon enfance, est devenue le parent un peu relou qui vous radote la même histoire à chaque réunion de famille depuis que vous êtes nés. Nintendo, c’est le vieillard malade dont on excuse d’un sourire gêné le fait qu’il pense encore être en 1998, nous brulant les yeux de honte en nous sortant d’un coup un énième Zelda 2D pixellisé et peu inspiré. Nintendo, c’est devenu l’histoire d’une boite bloquée sur ses patterns, qui n’a plus rien à offrir et à qui on pardonne tout… jusqu’au moment où l’on ne veut plus excuser.

Hey, mais j’te reconnais, toi! J’suis sûr que je t’ai déjà vu quelque part…

Un ras le bol que je sais naïf et inutile, puisque tôt ou tard je chopperai malgré tout une 3DS (en occasion, tout de même), et les jeux qui m’intéresseront dessus (et parti comme c’est, ça ne me ruinera pas). Pourtant, je n’ai plus envie de laisser passer ce qui chez Nintendo apparaît comme une sénilité patente. Je n’ai plus envie de d’excuser le fait qu’en 2013, elle nous offre une 3D pixellisée et de faible qualité. (Pokémon, A Link to the Past 2, je vous vise). Je suis agacé par un Luigi’s Mansion 2 qui avec toutes les promesses qu’il me fait, me montre de partout qu’il n’est jamais techniquement à la hauteur de son ainé vieux de douze ans. Quand je vois un planning composé de Wind Waker HD, deNew Super Mario/Luigi, d’un portage au rabais de Donkey Kong Country Returns et d’un nouvel Animal Crossing juste là parce que « c’est ce que les gens vont aimer », je désespère, et me demande où est passée la boite qui a obtenu une standing ovation lors de son premier trailer de Twilight Princess. A moins que ça ne soit moi qui ait grandi ?

C’est ce que je me suis demandé après une génération Wii composée de moultes déceptions : la cadence intensive des sorties de Mario – de loin le cas illustrant le plus parfaitement cette image de radotage de l’industrie – un Skyward Sword des plus mitigés ; un Twilight Princess loin de m’avoir convaincu (et pour cause, je l’ai fait sur Wii) ; quand aux deux opus DS des aventures du Hylien, ne m’en parlez tout simplement pas. « Et si ça venait tout simplement de moi ? » était dès lors une remise en question logique et légitime. Elle trouva sa réponse somme toute assez vite, puisque je décidai juste après la traversée laborieuse de Skyward Sword de lancer pour la première fois Minish Cap. Une claque : l’enchantement, la magie, l’univers Zeldaesque, l’intelligence du game design, tout ça réuni au sein d’un jeu qui n’était même pas à 100% NintendoMinish Cap, qui m’aura ramené à des sensations que je n’avais pas eu une seule fois chez la firme du plombier de toute cette génération de machine. Et pourtant, rien d’exceptionnel dans cet opus GBA. Plutôt conventionnel, assez court, relativement basique pour du Zelda 2D (bien que bourré d’idées). La surprise n’en fut que plus grande. Je n’avais donc pas tant changé que ça. J’aimais toujours une certaine forme de Nintendo, celle qui m’avait appris il fut un temps à apprécier le jeu vidéo et qui n’était plus celle dans laquelle ils évoluaient aujourd’hui. On me répondra avec force et raison que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Effectivement, il y aurait à redire sur les terrains de Sony, de Microsoft. Il y aurait à redire sur le manque d’innovations, de couilles, ou ce que vous voulez de cette gen’. Pire, en tant que « fan de Rockstar Games qui attends impatiemment Gta V », il est tout simplement aux yeux de beaucoup d’entre vous ironique que je me permette de condamner Nintendo. C’est vrai, je devrais tout simplement fermer ma gueule.

 Entre les deux, mon coeur n’a pas eu à balancer.

Ou alors peut-être est-ce juste parce que Nintendo dispose de tant de soutien que j’ai envie de l’ouvrir. Peut-être que c’est parce que les Gta ne m’ont jamais donné l’impression de se refermer sur eux-mêmes d’une génération à l’autre (Eh oui, ne vous en déplaise, Gta IV ne m’a pas donné l’impression d’être le 3). Peut-être que c’est également parce que les jeux tels que Assassin’s Creed ou Uncharted n’ont pas franchement besoin qu’on les descendent : ils se torpillent suffisament bien d’eux-mêmes. Sûrement, enfin, que mon ras le bol de Nintendo est à l’instar de Final Fantasy ou deMetal Gear, dû à son public plus qu’à la façon dont la barque est menée. Un public qui tolère, années après années, qui encourage même, qui acclame tout ce que Nintendo peut produire. Un culte de la licence plus que de la qualité, tout comme toute la saga FF se voit assombrie par le VII eme opus jugé inégalé et inattaquable. Un public qui n’a de cesse de répéter que « Quand on achète du Nintendo, c’est pour les licences Nintendo », admettant par là, ayant même déjà admis depuis longtemps qu’ils étaient prêts à ce que l’éditeur leur serve les mêmes jeux jusqu’à la fin de leurs jours, génération après génération. Un Mario, un Zelda, un Donkey Kong. Parfois un petit Kirby. Un Fire Emblem par génération, un F-Zero par decennie. Pas grave si ce sont des suites copiées/collées, des remakes déguisés, des portages amoindris : Nintendo sert, le public se goinfre. Et cela peut durer, cela va durer encore longtemps. En un sens, pourquoi pas ? Qui suis-je pour aller contre ça ? Si ce public aime, ma foi je me vois mal lui enlever ce plaisir. Mais je ne peux m’empêcher de me sentir franchement amer lorsque je constate que les meilleurs jeux que je possède sur Wiisont issus d’une poignée d’éditeurs tiers (XenobladeNo More HeroesOkami – fraichement revendu au profit de sa version HD). Je ne peux m’empêcher de rêver d’un vrai nouveau Zelda qui replacerait l’inventivité et la richesse au cœur de son système, au lieu d’essayer de bricoler avec une machine bancale un semblant de gameplay intégré au sein de trois mille séquences et minis-jeux dont l’assistanat constant prends autant les enfants pour des abrutis que le scénario de Ni No Kuni (et le tout servi dans un univers si pauvre qu’on se tape de constants allers-retours entre trois zones, s’il vous plaît). J’aimerais ne plus avoir ce sourire un peu gêné et un peu blasé lorsque, dans un jeu Nintendo moderne – n’importe lequel, n’importe quelle saga – je me retrouve avec des blocs à pousser sur de la glace. J’aimerais enfin quePokémon X/Y soit autre chose que cette immondice de 3D qui nous renvoie dix ans en arrière, visuellement mais surtout techniquement.

J’ai rêvé de la 3D dans Pokémon durant toute mon enfance. Voire une bonne partie de mon adolescence. Finalement, la 2D, c’était pas si mal.

Je n’attends pas de nouvelles licences de Nintendo. Ce serait sympa, mais j’ai perdu espoir . J’ose simplement attendre qu’un jour le public (et les développeurs, d’ailleurs) s’aperçoive que le monde tourne et que Nintendo non. Que la boite est capable de mieux, et qu’avec le bon message, ils pourraient être autre chose que leur sainte trinité presque trentenaire agrémentée du duo Smash Bros/Mario Kart que l’on se bouffe à chaque gen’. Et ce jour-là, je compte sur ce même public pour l’envoyer, ce message adéquat.

Ma naïveté me perdra. Peace.

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